Visite de Dienne

lundi 24 juin 2013

Dienne

L’histoire de Dienne

* Le nom du village de Dienne serait la déformation de Diane, la déesse romaine de la chasse, de l’aide aux femmes à l’heure de l’accouchement et de la lune. Il y avait, selon un texte de 1369, un temple romain dédié à cette déesse en haut du rocher de Laqueuille, en face du village. Le nom de la rivière Santoire serait également déduit du mot "sanctuaire" de ce site. La vallée était très boisée et plein de gibier et un temple à la gardienne de la fôret et de la protectrice des chasseurs ne semble pas impossible.
* Ce temple de Dienne, édigé en bois et construit sur un site préhistorique plus ancien, fut selon le même texte démoli pendant les dernières années du règne de Charlemagne. Ce roi très chrétien aurait ordonné la déstruction de ce centre d’un culte païen. Du coup, le prêtre de la déesse, étant également le Seigneur du lieu, utilisait les matériaux du temple pour construire un château au même endroit en 806.
* Le prêtre de Diane se convertissait vers le christianisme mais il gardait le nom de la déesse, conservé par ses descendants jusqu’à la fin du 16ième siècle, avec son orthographe romaine de Diana ou Diane.
En patois local, les habitants de Dienne s’appellent toujours les ’Dianaïres’.
* Le premier château fort résitait longtemps au climat rude mais étant très exposé aux intempéries, les Seigneurs étaient obligés de l’abandonner quelques siècles plus tard à cause de son état vétuste. Aujourd’hui, seulement quelques traces de constructions ou de tranchées nous indiquent l’endroit où se trouvait ce premier château.
* Le deuxième château fut construit à Marchadial dans la vallée, en face du château abandonné. Selon la tradition, les vassaux du Seigneur utilisaient la charpente de l’ancien château pour construire, le même jour, le toit du nouveau. De ce 2ième château nous restent toujours le socle où fut construit maintenant une maison et 2 pans de mur d’un des tours. Beaucoup de pierres de tailles, dont les cheminées et les linteaux du château, ont été utilisés après sa destruction pour embellir les maisons de Dienne et de Drils autant à l’extérieur qu’à l’intérieur.
* Dès les temps les plus reculés, Dienne était un carrefour important. Le village se trouvait à la fois sur la voie romaine de Figeac à Massiac, sur la route du sel venant de l’Atlantique qui traversait le plateau du Limon d’Est en Ouest, sur la route d’Apchon à Murat et possédait en 1736 le seul pont sur la Santoire. Dienne était également situé sur la route de la transhumance venant du Col de Cabre et amenant les troupeaux du sud Cantal.

Patrimoine

* Au village nous passons devant l’ancien presbytère (derrière le foyer de ski de fond) avec sur la façade un cadran solaire et deux lucarnes aux curieuses sculptures. Plusieurs maisons ont des contours et des linteaux de portes sculptées (indication qu’il y avait un auberge, une forge, une étape de St-Jacues, etc.) et des toits en lauzes d’ordanchyte, une pierre volcanique rare dont il y avait une carrière au dessus de Dienne vers le Col d’Entremont.

* On retrouve également autour plusieurs édifices qui retracent les traditions d’un village de montagnes.
Souvent on avait au milieu du village le couderc, un endroit où tout le monde se rencontrait et où il y avait des outils communs :
- le travail pour ferrer les boeufs
- le four banal, utilisé par toute la commune pour faire les pains et les tartes une fois par 15 jours. On retrouve un tel four encore au Peuch, construit en cul de sac. voir photo.

- Accès : à pied à partir du gîte par la route (2 km) ou par le sentier du Rocher de Laqueuille (1 h).

L’église romane de Dienne

Histoire


* Le Seigneur de Diane, ancien prêtre de Diane, avait au 9ième siècleun villa en bas dans la vallée où passait la voie romaine. Cette maison de campagne était beaucoup plus confortable et accessible, mais moins propice à la défence que le château fort au Rocher de Laqueuille. Devenu chrétien, le Seigneur de Diane, suivi dans cette démarche par ses successeurs, mettait à disposition du culte chrétien les bains du villa pour poser l’autel et célébrer les rites du Christ.
* Au 12ième siècle la population s’était agrandi et on souhaitait édifier une plus grande et vraie église à Dienne. Les Seigneurs de Dienne, Léon II et Léon III, soutenaient cette demande et ils étaient les plus grands bienfaiteurs de cette entreprise.
* Léon II donnait une grande partie du plateau du Limon à l’abbaye d’Obazine en Corrèze (affilié à l’ordre de Citeaux) pour la fondation d’une monastère sur les terres de Dienne. Cette "Maison de Graule" était habitée par une centaine de religieux cisterciens pendant 2 siècles qui organisaient l’agriculture et l’élevage autour.
* Après avoir construit cette monastère sur le plateau du Limon, les religieux étaient appelés par le chevalier Léon III vers 1193, après son retour de la 3ième croisade, pour être les maîtres d’oeuvre de l’église paroissiale, qui s’érigeait au même endroit que les bains du villa. Ils fournissaient également les ouvriers qualifiés pour construire cet édifice, d’où les dimensions assez grandes et les multiples sculptures pour une église dans un endroit peu peuplé.

Extérieur

* Le premier édifice n’a guère changé depuis sa construction. Il a gardé sa forme en croix latine avec une nef centrale flanquée de 2 bas-côtés, un transept avec croisée, le choeur avec l’abside en cul de four et 2 absidioles à côté. Il mesure 25 m de long avec un choeur de 8 m et une largeur de 17,30m. La voûte centrale fait 11 m de haut.
* La porte, comme le porche ont été refaits au 15ième siècle. On y voit 4 voussures sur 4 colonettes avec chapiteaux, reposant sur des bases prismatiques. A droite, un chien sculpté garde la maison du Seigneur. Au dessus du porche on voit une gargouille avec une belle tête avec des cheveux bouclés qui semble représenter un moine.
* L’abside en hemicycle est décorée de denticules et de modillons à têtes, damiers, fougères etc. Des 2 absidioles, celui du côté nord à perdu ses modillons et sa corniche.
* Une chapelle latérale a été rajouté au 15ième siècle, en même temps que les travaux autour de la porte.
* On voit encore sur les murs, à 3 m de hauteur, les dernières traces de l’ancienne "litre" qui contournait l’église et sur laquelle les seigneurs de dienne marquaient leurs armoiries (encore bien conservées en 1888 selon les textes) en l’honneur des morts de leur famille.
* Primitivement le clocher était placé au-dessus de la coupole de l’inter transept. Quand ce clocher disparaissait, on le remplaçait par un clocher à peigne avec 5 baies sur le mur du couchant. En 1901 on agrandissait l’église d’une travée vers l’ouest et on voulait installer une vrai tour pour abriter les cloches. Après débat, l’argent prévu était utilisé pour créer une école à Collanges et on optait pour un modèle moins cher, étant de nouveau un clocher à peigne, plus haut que celui d’avant. Aujourd’hui il mesure 22,70 m de haut, amorti en triangle et il renferme 2 cloches (la grande de 1707 et la petite de 1807)
* En 1904, les lourdes tuiles du toit étaient remplacés par des ardoises et en même temps une charpente, placée sur les voûtes, surélevait la toiture.

Intérieur

* La nef centrale, éclairée à gauche par les baies du collatéral et au midi par les fenêtres des chapelles, mesure 10 m de long sur 5,40 m de large. Elle se prolonge au dessus d’une tribune d’environ 8 m. Elle est voûtée à plein cintre et divisée en 2 travées par un arc en doubleau légèrement brisé, reposant sur les murs gouttereaux.
* Ses pièces d’ameublement méritent le détour, parmi elles : le Christ sculpté sur bois grandeur nature, du 18ième siècle, restauré en 1960. Il représente le Sauveur à l’instant même ou il rend le dernier soupir. (classé MH en 1902). Plusieurs tableaux décorent l’intérieur, dont une toile avec la Nativité, classé en 1922. En même temps, aussi le bénitier sculpté sera classé en 1922. Longtemps on supposait qu’il datait de la construction de l’église parce qu’on l’avait trouvé encastré dans l’un des piliers de l’édifice. Après examen il est daté au 16ième siècle.
* En sculpture bois il y a des très belles pièces visibles à l’intérieur. L’oeuvre maitresse est le maître-autel, installé en 1877 et complété par les stalles placées dans le choeur en 1884. Ils forment, avec la chaire, les confessionnaux, la table sainte et les stations du chemin de croix un ensemble de travaux sur bois tout à fait remarquables.
* Il y a également d’extraordinairs chapiteaux sculptés avec des représentations de
- sirènes à l’entrée
- St-Georges qui tue le dragon
- Un homme avec tambour qui tient un singe par une chaîne
- des motifs florals et des têtes bizarres
* Les patrons de la paroisse de Dienne sont St-Cyr et St-Julitte, représentés sur un vitrail situé dans le choeur de l’église et sur le calvaire à la cimetière. Les patrons sécondaires sont St-Jacques et St-Barthélémy.
*L’église est classée Monument Historique depuis 1944 et son architecture est l’une des plus remarquables d’Auvergne. Elle a été décrite comme : "un des exemplaires les plus typiques de l’art roman auvergnat, époque de transition" et l’une des plus belle et des plus monumentale du diocèse de St-Flour" ou "avoir subi l’influence de l’école auvergnate dans l’ensemble de son oeuvre, exception faite pour certains détails de sculpture dans laquelle se trouve le faire aquitain". Elle comprend tous les éléments d’une construction romane d’importance.


- Classé Monument historique en 1944.
- Coup de cœur : les chapiteaux à l’intérieur sont exceptionnels (n’oubliez pas la torche pour pouvoir les admirer en détail).
- Accès : à pied par la route (2 km) ou par le sentier du Rocher de Laqueuille (1 h).

La croix sur la cimetière.

- Description : croix du 16ième ou 17ième siècle avec d’un côté le christ sur la croix avec la vierge et Saint Jean et de l’autre côté les saint patronales de Dienne : Saint Cyr et Saint Julitte.
- Classé monument historique en 1983.
- Accès : par les portails de chaque côté de l’église, toujours ouverts.

Sources : "Dienne et son église à travers les âges"

La maison de site de Dienne

- Description : Le dernier bâtiment du bourg en direction de Murat. Cette vieille battisse a été complètement rénové par le Syndicat mixte du Puy Mary pour y ouvrir une Maison de Site du Puy Mary. On y retrouve des informations touristiques, une boutique et des expositions : "Les pierres des volcans", "les paysages autour de Puy Mary" par Geoffroy Sudre et
"Mamies blouses étoiles cirées" par Pierre Soissons.
- Ouverture pendant les vacances de Pâques et d’été, les WE en juin et septembre. Entrée libre et gratuit.
- Accès : à pied par la route (2 km) ou par le sentier du Rocher de Laqueuille (1 h).

Le château de la Cheyrelle

- Description : Cette demeure privée fut à son origine, en 1866, une ferme-manoir avant d’être transformée au début du siècle en un superbe cottage d’été, sous l’œuvre de Gustave Serrurier-Bovy. Ce décorateur liégeois et promoteur des arts décoratifs en Europe dessinait tout le mobilier, la cheminée, les portes, les boiseries, les faïences, le papier peint etc.
- Classé Monument historique en 2006
- Coup de cœur : Tout l’intérieur en art déco, avec des tons marrons – verdâtres, est resté remarquablement bien préservé et est exceptionnel en Auvergne.
- Visites : sur demande.
- Accès : à pied à partir du gîte par le sentier du Rocher de Laqueuille et Entremont. (1h30).
Nous suivons le balisage à partir du gîte et montons par la piste jusqu’au Rocher de Laqueuille et continuons pour descendre de l’autre côté. Nous suivons le balisage noir WE 2. Juste avant d’arriver sur la route D3 entre Murat et Riom-es-Montagnes, nous tournons sur la piste agricole à gauche pour descendre plus raide. Nous arrivons derrière la Cheyrelle par cette piste.

La chapelle St-Roch à Fortuniès

- Description : Chapelle romane du 12ième siècle, récemment restaurée et classée, située sur un éperon rocheux, en bordure du plateau de Chalinargues.
- Coup de cœur : montée possible sur le toit jusqu’au clocher, avec une belle vue sur le Monts du Cantal et le plateau du Limon.
- Inscrit sur la liste supplémentaire des monuments en 1993.
- Accès : à 10 min. en voiture en direction de Dienne, Collanges, Riom-es-Montagnes. Sur le D3 nous prenons à droite pour monter en direction de Chalinargues / lac du Pêcher. Le hameau de Fortuniès, qui fait encore partie de Dienne, se trouve en haut à gauche. Nous voyons déjà la chapelle au dessus d’un éperon rocheux, à notre gauche en montant.